Constituer des données cliniques et génétiques pour le GP2 dans le groupe de travail sur l’intégration des cohortes
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Constituer des données cliniques et génétiques pour le GP2 dans le groupe de travail sur l’intégration des cohortes

Par Huw Morris | Génétique des maladies complexes |
Author(s)
  • Huw Morris

    Huw Morris, membre du Royal College of Physicians, docteur ès sciences

    University College London | Royaume-Uni

    Huw est professeur de neurosciences cliniques à l’Institut UCL de neurologie et consultant honoraire en neurologie au Royal Free Hospital et au National Hospital, Queen Square. Ses principaux domaines d’intérêt sont la neurogénétique, les troubles moteurs et la démence. Il étudie également les déterminants génétiques de l’évolution et de la variabilité des troubles parkinsoniens visant l’élaboration de nouveaux traitements.

Notre objectif de ces 25 dernières années consiste à identifier les gènes, ou plus précisément les variants génétiques, à l’origine de la maladie de Parkinson (MP). Un travail fructueux ayant permis d’identifier les principaux gènes transmetteurs de la maladie de Parkinson par voie d’hérédité, tels que l’α-synucléine et le LRRK2 et 90 zones du génomes (loci) associés à la maladie de Parkinson et qui augmentent légèrement le risque de développer la maladie dans les études d’association pangénomiques (GWAS). L’identification de variants rares dans l’α-synucléine et le LRRK2 a ouvert la voie à un travail intense sur la biologie de la maladie de Parkinson et désormais, sur les tests thérapeutiques portant sur ces protéines chez les patients. Dans le cas des variants GWAS communs, les principales voies empruntées par la maladie ont été plus difficiles à comprendre mais, les récentes avancées ont permis de comprendre les mécanismes de contrôle de l’expression génique et du traitement cérébral. Aussi, est-il probable qu’un pas de géant soit franchi ces prochaines années dans notre compréhension du risque de Parkinson sporadique.

Nous savons, cependant, que la maladie de Parkinson n’est pas une maladie homogène. Certaines personnes sont atteintes d’une forme légère de la maladie qui a un impact minime sur leur qualité de vie pendant une vingtaine d’années, tandis que d’autres souffrent de formes aigües de la maladie, conduisant à de graves problèmes moteurs et d’équilibre, troubles cognitifs et de mémoire, en l’espace de quelques années à peine après que la maladie est déclarée. Nous savons que les tremblements, signes précurseurs de la maladie, et le jeune âge sont des facteurs associés à un meilleur pronostic mais, au-delà, nos connaissances sur la biologie et les déterminants de variation de l’évolution de la maladie sont limitées.  Il s’agit d’un aspect important car si nous pouvions concevoir des thérapeutiques permettant de passer d’une évolution « maligne » à une évolution « bénigne », nous serions sur la piste d’un traitement majeur et utile. Nous pensons que la recherche sur la génétique des résultats cliniques menée à grande échelle permettra, ces dix prochaines années, de faire avancer la science dans sa connaissance de la maladie de Parkinson.

Un des facteurs majeurs dans l’avancée sur la génétique parkinsonienne est la collaboration entre ces chercheurs épars aux quatre coins du monde, qui permettra de combiner les données génétiques et cliniques des patients ayant accepté de participer à la recherche et qui font généreusement don de leur temps. Le consortium ASAP-GP2 permet une montée en puissance de la recherche sur les résultats cliniques de la maladie de Parkinson. Nous visons des travaux de recherche impliquant plus de 150 000 personnes pour étudier les nouveaux facteurs de risque de la maladie de Parkinson. Ainsi, dans le groupe de travail sur l’intégration de la cohorte (CIWG), une des missions consiste à harmoniser les données cliniques des participants pour parvenir à des travaux cliniques de grande envergure qui se pencheront sur les écarts entre les résultats de Parkinson et les facteurs délétères et de protection. A ce jour, nous travaillons sur plus de 70 cohortes différentes dans le monde qui ont rejoint le projet GP2. Selon nous, cela devrait contribuer à faire avancer à grand pas notre compréhension de la maladie de Parkinson au cours des deux prochaines années.