En octobre, plus de 230 chercheurs issus de 52 pays du monde entier se sont réunis à Honolulu, à Hawaï, à l’occasion de la 5e réunion annuelle des chercheurs du Programme mondial sur la génétique de la maladie de Parkinson (GP2). Si le soleil et les vagues invitaient à l’évasion, c’est pourtant une véritable effervescence qui animait la salle de conférence. Les échanges ont fait ressortir plusieurs axes majeurs : le renforcement de la communauté, le bilan des progrès remarquables accomplis ces six dernières années et les perspectives à venir. L’enthousiasme était manifeste. Depuis la première étude d’association pangénomique (GWAS) menée par le GP2 en 2023, qui a mis en évidence un nouveau variant de risque chez les populations d’Afrique de l’Ouest, le nombre de publications affiliées au GP2 augmente à un rythme soutenu, avec plus de 40 articles désormais disponibles. La 10e édition des données du GP2, en juillet de cette année, a porté le nombre d’échantillons génotypés à 92 021. Chaque mise à jour successive rapproche un peu plus le GP2 de son objectif : génotyper 250 000 personnes dans le monde. La réunion annuelle des chercheurs de 2025 a permis de faire le point sur les avancées réalisées et de préciser les étapes restantes pour atteindre cet objectif.
Au cours de ces deux journées, les participants ont assisté aux conférences de plus de 35 collègues, dont 15 chercheurs en formation, et ont découvert 44 communications par affiche. Trois grands thèmes se sont dégagés de l’ensemble des sessions :
- Résultats issus des études génétiques mondiales : Les participants ont pu découvrir les nouveaux résultats de cinq études d’association pangénomique (GWAS) spécifiques à certaines populations, achevées au cours de l’année écoulée, portant sur des populations africaines, européennes, latino-américaines, sud-asiatiques ainsi que sur des analyses stratifiées selon le sexe. Dans plusieurs pays concernés par ces travaux, aucune donnée génétique sur la maladie de Parkinson n’avait encore été recueillie à ce jour, un signe fort de l’impact concret du GP2 sur la recherche dans ce domaine. Par exemple, les participants ont appris que le GP2 a permis de former 30 neurologues, de créer un registre national de la maladie de Parkinson et d’établir la première biobanque au Kirghizistan.
- Accès aux données : Le GP2 a présenté un nouveau calendrier harmonisé de diffusion et de retour des données, accompagné d’une documentation actualisée destinée à en améliorer la lisibilité. Les participants ont également découvert cinq nouveaux navigateurs de données dont le but est de faciliter l’exploration et l’interprétation de l’ensemble des résultats, y compris le nouveau navigateur génomique du GP2, développé en collaboration avec le Broad Institute.
- Développement professionnel : Le Réseau de stagiaires du GP2 a proposé un panorama des possibilités de développement professionnel, notamment le modèle d’atelier « formation des formateurs », qui vise à transmettre des compétences en laboratoire, en bioinformatique et en mentorat, afin de renforcer les capacités locales en Amérique latine, en Afrique, en Asie et en Europe de l’Est.
Ensemble, ces sessions ont préparé le terrain pour l’annonce phare de la réunion : Le GP2 a désormais génotypé 100 000 échantillons, dont un tiers provient de populations mondiales sous-représentées. Au lancement de GP2 en 2020, l’objectif de 250 000 échantillons paraissait, pour certains, presque hors d’atteinte. Cependant, les réalisations accomplies à ce jour démontrent que des défis apparemment insurmontables peuvent être relevés grâce à une collaboration mondiale, au partage des compétences et au renforcement des capacités.
Quelle est la prochaine étape pour le GP2 ? Dans l’ensemble, AIM 2025 a permis de réunir collègues et partenaires de longue date, de créer de nouvelles collaborations et de réaffirmer un engagement collectif en faveur d’une participation mondiale à la recherche sur la maladie de Parkinson. Portés par les avancées réalisées à ce jour, les chercheurs envisagent désormais un nouvel objectif : atteindre 350 000 échantillons d’ici 2030. Les résultats remarquables obtenus au cours des six dernières années ont conduit le GP2 à élargir son champ d’action pour les années à venir, en intégrant la génomique fonctionnelle, afin d’aider chercheurs et cliniciens à mieux comprendre les sous-types de la maladie et ses mécanismes sous-jacents à l’échelle mondiale. Même au cœur du Pacifique, à des milliers de kilomètres de leurs lieux d’origine, La réunion annuelle des chercheurs du GP2 de 2025 a rappelé aux chercheurs que, malgré la distance, ils demeurent unis dans la poursuite de traitements de la maladie de Parkinson plus efficaces, plus équitables et plus accessibles partout dans le monde. 
